Condannato a morte - Condamné à mort!

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XXIII

Tant que j'ai marché dans les galeries publiques du Palais de Justice, je me suis senti presque libre et à l'aise ; mais toute ma résolution m'a abandonné quand on a ouvert devant moi des portes basses, des escaliers secrets, des couloirs intérieurs, de longs corridors étouffés et sourds, où il n'entre que ceux qui condamnent ou ceux qui sont condamnés.

Finché ho camminato per i corridoi pubblici del Palazzo di Giustizia mi sono quasi sentito libero e a mio agio; ma ogni mia risolutezza mi ha lasciato quando mi hanno apertod'avanti delle basse porte, delle scale segrete, dei passaggi interni, dei lunghi corridoi sordi e senz'aria dove non entrano che quelli che condannano o quelli che sono condannati.

L'huissier m'accompagnait toujours. Le prêtre m'avait quitté pour
revenir dans deux heures : il avait ses affaires. On m'a conduit au cabinet du directeur, entre les mains duquel l'huissier m'a remis. C'était un échange. Le directeur l'a prié d'attendre un instant, lui annonçant qu'il allait avoir du gibier à lui remettre, afin qu'il le conduisît sur-le-champ à Bicêtre par le retour de la carriole. Sans doute le condamné d'aujourd'hui, celui qui doit coucher ce soir sur la botte de paille que je n'ai pas eu le temps d'user.

L'usciere mi accompagnava sempre; il prete, invece, mi aveva lasciato per tornare di lì a due ore.

Alla fine mi hanno portato nello studio del direttore, nelle cui mani l'usciere mi ha consegnato. Un cambio di guardia.

Il direttore l'ha pregato di aspettare un istante dicendogli che doveva consegnargli della selvaggina perché la portasse a Bicêtre col ritorno del carriaggio. Senza dubbio il condannato di oggi, quello che deve dormire questa sera sul mucchio di paglia che io non ho avuto tempo di usare.


-C'est bon, a dit l'huissier au directeur, je vais attendre un moment ;
nous ferons les deux procès-verbaux à la fois, cela s'arrange bien. En attendant, on m'a déposé dans un petit cabinet attenant à celui du directeur. Là, on m'a laissé seul, bien verrouillé.
Je ne sais à quoi je pensais, ni depuis combien de temps j'étais là, quand un brusque et violent éclat de rire à mon oreille m'a réveillé de ma rêverie.

- Molto bene - ha detto l'usciere al direttore - aspetto senz'altro un momento, così faremo i due processi verbali contemporaneamente; la cosa si mette bene.

Mentre si aspettava, mi hanno messo in un piccolo locale vicino a quello del direttore. Là, ben chiuso, sono stato lasciato solo.

Non so a che cosa pensassi, né da quanto tempo fossi lì, quando un improvviso e violento scoppio di risa mi ha scosso dal mio fantasticare.


J'ai levé les yeux en tressaillant. Je n'étais plus seul dans la cellule. Un homme s'y trouvait avec moi, un homme d'environ cinquante-cinq ans, de moyenne taille ; ridé, voûté, grisonnant ; à membres trapus ; avec un regard louche dans des yeux gris, un rire amer sur le visage ; sale, en guenilles, demi-nu, repoussant à voir.
Il paraît que la porte s'était ouverte, l'avait vomi, puis s'était refermée sans que je m'en fusse aperçu. Si la mort pouvait venir ainsi !

Ho alzato gli occhi trasalendo. Non ero più solo nella cella: c'era un uomo con me, un uomo di una cinquantina d'anni, di media statura; rugoso, curvo e quasi tutto grigio; atticciato, con uno sguardo torbido negli occhi grigi e un riso amaro sul volto; sporco, sbrindellato, mezzo nudo, disgustoso al solo vederlo.

Sembrava che la porta si fosse aperta, lo avesse vomitato, e si fosse rinchiusa senza che io mi fossi accorto di niente.

Se la morte potesse venire così!


Nous nous sommes regardés quelques secondes fixement, l'homme et moi ; lui, prolongeant son rire qui ressemblait à un râle ; moi, demiétonné, demi-effrayé.
-Qui êtes-vous ? lui ai-je dit enfin. -Drôle de demande ! a-t-il répondu. Un friauche. -Un friauche ! Qu'est-ce que cela veut dire ?

Ci siamo guardati fissamente per qualche secondo, l'uomo ed io; lui prolungando il suo riso che sembrava un rantolo; io mezzo meravigliato e mezzo atterrito.

Alla fine gli ho chiesto:

- Chi siete?

- Amena domanda! - egli ha risposto. - Un "friauche".

- Un "friauche"! che significa ciò?


Cette question a redoublé sa gaieté.
-Cela veut dire, s'est-il écrié au milieu d'un éclat de rire, que le taule jouera au panier avec ma sorbonne dans six semaines, comme il va faire avec ta tronche dans six heures. Ha ! ha ! il paraît que tu comprends maintenant.
En effet, j'étais pâle, et mes cheveux se dressaient. C'était l'autre condamné, le condamné du jour, celui qu'on attendait à Bicêtre, mon héritier.

Questa questione ha raddoppiata la sua allegria.

- Ciò vuol dire - gridò in mezzo a uno scoppio di risa - che tra sei settimane il «taule» giocherà al «paniere» con la mia «Sorbona» come farà tra sei ore col tuo «ceppo». Ah! Ah! sembra che tu capisca, ora!

Effettivamente ero pallido, e i capelli mi si rizzavano in testa. Era l'altro condannato, il condannato del giorno, quello che aspettavano a Bicêtre, il mio erede.


Il a continué : -Que veux-tu ? voilà mon histoire à moi. Je suis fils d'un bon peigre ; c'est dommage que Charlot ait pris la peine un jour de lui attacher sa cravate. C'était quand régnait la potence, par la grâce de Dieu. À six ans, je n'avais plus ni père ni mère ; l'été, je faisais la roue dans la poussière au bord des routes, pour qu'on me jetât un sou par la portière des chaises de poste ; l'hiver, j'allais pieds nus dans la boue en soufflant dans mes doigts tout rouges ; on voyait mes cuisses à travers mon pantalon.

Egli ha continuato:

- Che vuoi? Eccoti la mia storia.

Io sono figlio di un brav'uomo ed è una gran disgrazia che un giorno Charlot (1) si sia preso la briga di mettergli la cravatta. Era quando regnava ancora la forca, per grazia di Dio. A sei anni non avevo più né padre né madre; d'estate facevo la ruota nella polvere, ai bordi della strada, per la qual cosa mi buttavano un soldo dalle portiere della corriera postale; d'inverno, invece, andavo a piedi nudi nel fango soffiandomi sulle dita tutte rosse; e attraverso i calzoni mi si vedevano le natiche.


A neuf ans, j'ai commencé à me servir de mes louches, de temps en temps je vidais une fouillouse, je filais une pelure ; à dix ans, j'étais un marlou. Puis j'ai fait des connaissances ; à dix-sept, j'étais un grinche. Je forçais une boutanche, je faussais une tournante. On m'a pris. J'avais l'âge, on m'a envoyé ramer dans la petite marine.
A nove anni, ho cominciato a servirmi dei miei cucchiai (2) e, ogni tanto, vuotavo una tasca o rubavo un mantello; a dieci anni ero un borsaiolo. Poi ho fatto delle conoscenze; a diciassette anni ero un ladro e svaligiavo una bottega o facevo una trottola (3) falsa. Mi presero. Avevo l'età, e mi mandarono a remare nella piccola Marina (4).

Le bagne, c'est dur ; coucher sur une planche, boire de l'eau claire, manger du pain noir, traîner un imbécile de boulet qui ne sert à rien ; des coups de bâton et des coups de soleil. Avec cela on est tondu, et moi qui avais de beaux cheveux châtains ! N'importe!... j'ai fait mon temps. Quinze ans, cela s'arrache !
Il bagno, si sa, è duro: dormire su di un tavolaccio, bere solo acqua chiara, mangiare del pane nero, trascinare una stupida palla di ferro che non serve a niente; dei colpi di bastone e dei colpi di sole. Con un simile trattamento in poco tempo si è belli e tosati, e io che avevo bei capelli castani! Non importa... ho fatto il mio tempo. Quindici anni, passano anche loro.

J'avais trente-deux ans. Un beau matin on me donna une feuille de route et soixante-six francs que je m'étais amassés dans mes quinze ans de galères, en travaillant seize heures par jour, trente jours par mois, et douze mois par année. C'est égal, je voulais être honnête homme avec mes soixante-six francs, et j'avais de plus beaux sentiments sous mes guenilles qu'il n'y en a sous une serpillière de ratichon. Mais que les diables soient avec le passeport ! Il était jaune, et on avait écrit dessus forçat libéré.

Avevo trentadue anni. Un bel mattino mi diedero un foglio di via e sessantasei franchi che mi ero guadagnato nei miei quindici anni di galera, lavorando sedici ore al giorno, trenta giorni per mese, e dodici per anno. Niente di irreparabile; volevo essere un uomo onesto con i miei sessantasei franchi, ed avevo sentimenti più belli sotto i miei stracci di quanti ve ne siano sotto una veste d'abate.

Ma che i demoni abbiano la carta d'identità! Essa era gialla, e c'era scritto sopra: "forzato liberato".


Il fallait montrer cela partout où je passais et le présenter tous les huit jours au maire du village où l'on me forçait de tapiquer. La belle recommandation ! un galérien ! Je faisais peur, et les petits enfants se sauvaient, et l'on fermait les portes. Personne ne voulait me donner d'ouvrage. Je mangeai mes soixante-six francs. Et puis il fallut vivre. Je montrai mes bras bons au travail, on ferma les portes.

Bisognava mostrarla ovunque andassi e presentarla ogni otto giorni al sindaco del villaggio dove mi avevano costretto ad abitare.

La bella raccomandazione! Un galeotto! Facevo paura, e si mettevano in salvo i bambinetti, e si sprangavano le porte. Nessuno voleva darmi da lavorare. Così mangiai i miei sessantasei franchi; poi bisognava pur vivere, mi si chiusero le porte.


J'offris ma journée pour quinze sous, pour dix sous, pour cinq sous. Point. Que faire ? Un jour, j'avais faim. Je donnai un coup de coude dans le carreau d'un boulanger ; j'empoignai un pain, et le boulanger
m'empoigna ; je ne mangeai pas le pain, et j'eus les galères à perpétuité, avec trois lettres de feu sur l'épaule. Je te montrerai, si tu veux. -On appelle cette justice-là la récidive.

Offrii la mia giornata per quindici soldi, per dieci soldi, per cinque soldi. Niente. Che fare? Un giorno avevo fame. Diedi una gomitata al carretto del panettiere; presi un pane e il panettiere prese me; non mangiai il pane ed ebbi l'ergastolo a vita, con tre lettere di fuoco sulle spalle. Te le faccio vedere, se vuoi.

Eccomi dunque, "di ritorno recidivo".


Me voilà donc cheval de retour. On me remit à Toulon ; cette fois avec les bonnets verts. Il fallait m'évader. Pour cela, je n'avais que trois murs à percer, deux chaînes à couper, et j'avais un clou. Je m'évadai. On tira le canon d'alerte ; car, nous autres, nous sommes, comme les cardinaux de Rome, habillés de rouge, et on tire le canon quand nous partons.
Mi riportarono a Tolone; ma questa volta con i berretti verdi. Dovevo evadere. Per questo, non avevo che da bucare tre muri e segare due catene; e non avevo che un chiodo. Evasi. Spararono il cannone d'allarme; perché, noi altri, siamo i principi e i re, vestiti in divisa, e si spara il cannone quando ce ne andiamo.

Leur poudre alla aux moineaux. Cette fois, pas de passeport jaune, mais pas d'argent non plus. Je rencontrai des camarades qui avaient aussi fait leur temps ou cassé leur ficelle. Leur coire me proposa d'être des leurs, on faisait la grande soulasse sur le trimar. J'acceptai, et je me mis à tuer pour vivre. C'était tantôt une diligence, tantôt une chaise de poste, tantôt un marchand de boeufs à cheval.
Ad ogni modo la loro polvere non servì proprio a niente. Questa volta niente carta gialla ma niente denaro, anche. Dopo un po' trovai dei vecchi compagni che avevano scontato la pena o tagliato la corda. Il loro capo mi propose di essere dei loro facendo l'assassino sulle grandi strade. Accettai e mi misi ad uccidere per vivere. Alle volte era una diligenza, altre volte una corriera postale, altre ancora un mercante di buoi a cavallo.

On prenait l'argent, on laissait aller au hasard la bête ou la voiture, et l'on enterrait l'homme sous un arbre, en ayant soin que les pieds ne sortissent pas ; et puis on dansait sur la fosse, pour que la terre ne parût pas fraîchement remuée. J'ai vieilli comme cela, gîtant dans les broussailles, dormant aux belles étoiles, traqué de bois en bois, mais du moins libre et à moi. Tout a une fin, et autant celle-là qu'une autre.
Si prendeva il denaro, si lasciava andare libera la bestia o la vettura e si seppelliva l'uomo sotto un albero badando bene che non spuntassero i piedi; e poi si ballava sulla fossa perché la terra non apparisse mossa di fresco. E sono diventato vecchio così, vivendo alla macchia, dormendo all'aperto, inseguito da un bosco all'altro, ma libero, almeno, e padrone di me stesso. Tutto però ha un termine, e una bella notte i "mercanti di lacci" ci hanno preso per il colletto.

Les marchands de lacets, une belle nuit, nous ont pris au collet. Mes fanandels se sont sauvés ; mais moi, le plus vieux, je suis resté sous la griffe de ces chats à chapeaux galonnés. On m'a amené ici. J'avais déjà passé par tous les échelons de l'échelle, excepté un. Avoir volé un mouchoir ou tué un homme, c'était tout un pour moi désormais ; il y avait encore une récidive à m'appliquer. Je n'avais plus qu'à passer par le faucheur. Mon affaire a été courte.

I miei compagni si sono salvati; ma io, il più vecchio, sono rimasto sotto le grinfie di quei gatti con il cappello gallonato. Mi hanno portato qui.

Avevo già fatto i gradini della scala tranne uno. Aver rubato un fazzoletto o ucciso un uomo, per me era ormai la stessa cosa; c'era ancora da applicarmi una recidiva. Non c'era altro che passare dal boia. Il mio processo è stato molto breve.


Ma foi, je commençais à vieillir et à n'être plus bon à rien. Mon père a épousé la veuve, moi je me retire à l'abbaye de Mont'-à-Regret. Voilà, camarade.
J'étais resté stupide en l'écoutant. Il s'est remis à rire plus haut encore qu'en commençant, et a voulu me prendre la main. J'ai reculé avec horreur.
-L'ami, m'a-t-il dit, tu n'as pas l'air brave. Ne va pas faire le sinvre devant la carline. Vois-tu, il y a un mauvais moment à passer sur la placarde ; mais cela est sitôt fait !

Parola d'onore, incominciavo a diventare vecchio e a non essere più buono a niente. Mio padre ha "sposato la vedova" (6), io mi ritiro nell'abbazia di Monte dei Lamenti (7). Ecco tutto, amico mio. Ero rimasto attonito ad ascoltarlo. Lui si è messo di nuovo a ridere più fragorosamente ancora di prima ed ha voluto prendermi la mano. Sono indietreggiato con orrore.- Oh! l'amico! - mi ha detto - non hai l'aria coraggiosa! cerca di non fare il vigliaccod'avanti alla carlina (8). Vedi, c'è da passare un brutto momento sulla piazza, ma è così presto passato!


Je voudrais être là pour te montrer la culbute. Mille dieux ! j'ai envie de ne pas me pourvoir, si l'on veut me faucher aujourd'hui avec toi. Le même prêtre nous servira à tous deux ; ça m'est égal d'avoir tes restes. Tu vois que je suis un bon garçon. Hein ! dis, veux-tu ? d'amitié !
Il a encore fait un pas pour s'approcher de moi.

Vorrei essere là io per farti vedere il capitombolo. Per mille dei! Quasi quasi ho voglia di non ricorrere, se mi tagliano oggi stesso con te.

Lo stesso prete ci servirà tutti e due; per me non ha importanza anche prendere i tuoi avanzi. Vedi che sono un bravo ragazzo. Heh! Dimmi, lo vuoi? da amico!

Ed ha fatto ancora un passo per venirmi vicino.


-Monsieur, lui ai-je répondu en le repoussant, je vous remercie. Nouveaux éclats de rire à ma réponse. -Ah ! ah ! monsieur, vousailles êtes un marquis ! C'est un marquis ! Je l'ai interrompu : -Mon ami, j'ai besoin de me recueillir, laissez-moi. La gravité de ma parole l'a rendu pensif tout à coup. Il a remué sa tête
grise et presque chauve ; puis, creusant avec ses ongles sa poitrine velue, qui s'offrait nue sous sa chemise ouverte : -Je comprends, a-t-il murmuré entre ses dents ; au fait, le sanglier !...

- Signore - gli ho detto respingendolo - vi ringrazio.

Nuovi scoppi di risa alla mia risposta.

- Ah! ah! Signore: è un marchese! Un marchese!

L'ho interrotto:

- Senti amico, ho bisogno di raccogliermi un po'; lasciami stare. - La gravità delle mie parole lo ha reso pensieroso di colpo: ha scosso la testa grigia e quasi calva e poi, grattandosi il petto villoso che appariva nudo sotto la camicia aperta, ha mormorato tra i denti:

- Già, capisco; effettivamente il prete aiuta!

 


Puis, après quelques minutes de silence : -Tenez, m'a-t-il dit presque timidement, vous êtes un marquis, c'est fort bien ; mais vous avez là une belle redingote qui ne vous servira plus à grand'chose ! Le taule la prendra. Donnez-la-moi, je la vendrai pour avoir du tabac.
J'ai ôté ma redingote et je la lui ai donnée. Il s'est mis à battre des mains avec une joie d'enfant. Puis, voyant que j'étais en chemise et que je grelottais :
-Vous avez froid, monsieur, mettez ceci ; il pleut, et vous seriez mouillé ; et puis il faut être décemment sur la charrette.
Poi, dopo qualche istante di silenzio:

- Guardate - mi ha detto quasi timidamente - voi siete un marchese e è una gran bella cosa; ma avete una magnifica giacca che non vi servirà più a gran che! Il palco se la prenderà. Datela a me, che la venderò per comperare del tabacco.

Mi sono tolto la giacca e gliel'ho data: si è messo a battere le mani con gioia infantile. Poi, vedendo che ero in camicia e che battevo i denti:

- Voi avete freddo, signore, mettetevi questo; piove, e vi bagnerete tutto; e poi, bisogna stare decorosamente sulla carretta.


En parlant ainsi, il ôtait sa grosse veste de laine grise et la passait dans mes bras. Je le laissais faire.
Alors j'ai été m'appuyer contre le mur, et je ne saurais dire quel effet me faisait cet homme. Il s'était mis à examiner la redingote que je lui avais donnée, et poussait à chaque instant des cris de joie.
-Les poches sont toutes neuves ! le collet n'est pas usé ! J'en aurai au moins quinze francs. Quel bonheur ! du tabac pour mes six semaines ! La porte s'est rouverte. On venait nous chercher tous deux ; moi, pour me conduire à la chambre où les condamnés attendent l'heure ; lui, pour le mener à Bicêtre. Il s'est placé en riant au milieu du piquet qui devait l'emmener, et il disait aux gendarmes :

Così dicendo si è tolto il maglione di lana grigia e me l'ha dato in mano. Io lo lasciavo fare; stavo appoggiato al muro e non saprei nemmeno dire che razza d'impressione mi facesse quell'uomo. Si era messo ad esaminare la giacca che gli avevo regalato e ad ogni momento mandava un grido di gioia.

- Le tasche sono completamente nuove! Il colletto non è usato per niente! Ne ricaverò almeno quindici franchi. Che fortuna! Tabacco per tutt'e sei le settimane!

Si è riaperta la porta. Venivano a cercarci entrambi: me, per portarmi nella camera dove i condannati aspettano il momento; lui, per portarlo a Bicêtre. Ridendo si è messo in mezzo al picchetto che doveva portarlo via, e diceva ai gendarmi:


-Ah çà ! ne vous trompez pas ; nous avons changé de pelure, monsieur et moi ; mais ne me prenez pas à sa place. Diable ! cela ne m'arrangerait pas, maintenant que j'ai de quoi avoir du tabac !
- Ah! badate! Non vi sbagliate! Il signore e io abbiamo cambiato giacca, ma non prendetemi al suo posto. Diavolo! non mi piacerebbe proprio, specie ora che ho modo di avere del tabacco!




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